Samedi 25 juin, à partir de 14h

Temps de mémoire - les anciens du Chappe racontent

Une après-midi particulière a été consacrée dans le programme de ces douze jourts d'animation du site de l'ancien lycée Claude-Chappe. A partir de 14h, le samedi 25 juin,  les anciens du Chappe sont conviés à partager leurs souvenirs. Le tout autour de la lecture du livre édité en 2013: "Du Centre au Campus Pros - Parcours de Haut Niveau". Il sera lu par Dany Muller, enseignant du lycée Jules-Verne.

Sur un mur du couloir d'entrée officielle au bâtiment, les anciens pourront laisser leur marque.

Une longue histoire...

Extraits du livre "Du Centre au Campus Pros - Parcours de Haut Niveau"

L'enseignant Monsieur S. raconte aux élèves ses impressions quand il est arrivé dans ce nouveau collège pour la première rentrée en septembre 1969 :
« Je suis arrivé à Saverne en août pour visiter mon futur établissement rue de Haguenau. En arrivant sur place il y avait un chantier, cela ne pouvait pas être le futur collège, rien n'était terminé : travaux en cours, rien n'était nivelé, pas de peinture, aucun matériel scolaire... j'ai pensé m'être trompé d'adresse, la rentrée était prévue dans un mois ! J'ai cherché un autre établissement aux alentours mais bien sûr je n'en ai pas trouvé. La rentrée s'est faite avec deux semaines de retard alors que les niveleuses étaient toujours en action. Les bruits ont persisté pendant les premières semaines de cours. Mais depuis, c'est le paradis : faire classe dans de toutes nouvelles salles, avec vous, des élèves exemplaires ! »

(…)

« L'accueil de Stéphanie dans la classe de CAP comptabilité est assez froid. Il faut dire que l'année scolaire est bien entamée puisque nous sommes déjà le 10 avril 1972. Les élèves se connaissent bien, s'apprécient, et la nouvelle vient un peu comme une intruse. En plus elle n'est pas de Saverne, elle n'est même pas alsacienne ! Elle se donne des airs de fille de la ville avec ses belles tenues qu'elle change tous les jours. Elle est plutôt jolie fille, ce qui excite un peu la jalousie des autres filles, qui la perçoivent comme une rivale face aux cinq garçons de la classe. En plus elle a un étrange accent.
Stéphanie, âgée de quatorze ans, originaire de Bordeaux, arrive au CETEM (Collège d'Enseignement Technique Economique Mixte) en plein milieu de l'année scolaire suite au décès de son père le 7 mars de cette même année.
Le premier jour de son arrivée, elle observe les dix-sept élèves de la classe. Elle est tout d'abord surprise par l'attitude réservée de la majorité des filles. Leur tenue vestimentaire est des plus sages, jupe plissée à carreaux et chemisier, le plus souvent recouverts d'une blouse. Elle remarque tout de suite que leurs habits ne sont pas neufs, ils ont déjà beaucoup servi, la couleur est toute passée et les modèles datent. Stéphanie quant à elle ne porte que des mini jupes et autres vêtements à la mode.
Elle apprendra par la suite qu'une majorité des filles vient du Cours Complémentaire de Filles, tenu par la Congrégation des Soeurs de la Divine Providence de Ribeauvillé, formées à l'École normale. Sous l'impulsion des frères Mertian au début du XIXe siècle, la congrégation s'était donnée comme mission d'instruire les fillettes pauvres des campagnes. Quelques filles de la classe ont donc suivi des cours au couvent Le Recollet situé derrière le lycée Leclerc.

(…)

Quelques-unes de ces filles ont eu la possibilité de poursuivre des études grâce à l'ouverture à Saverne d'un collège tout neuf, le CETEM, crée pour accueillir les formations du tertiaire qui connaissent un grand succès. Le directeur de ce nouveau collège se nomme Monsieur Jacques Audouin.
Le collège est de petite taille. Un parking à l'entrée permet le stationnement des quelques voitures des enseignants. Une allée descend jusqu'à une jolie cour entourée de trois bâtiments formant un U. Le bâtiment à droite de l'entrée est réservé à l'administration au rez-de-chaussée, aux appartements du directeur et du personnel administratif aux étages. Au milieu se trouve un bâtiment tout en longueur qui accueille les salles de classes sur un seul niveau. Le couloir au rez-de-chaussée est sombre, il est seulement éclairé tout au fond par une porte de secours vitrée.
Le réfectoire et les cuisines sont situés dans le bâtiment de gauche. La salle à manger est très spacieuse et lumineuse, elle sert aussi de salle de conférence. Les trois sections préparées par le CETEM sont le CAP employé de bureau (sténodactylo), le CAP comptabilité, et l'école ménagère.

(…)

Il y a d'abord l'arrivée d'un nouveau proviseur au lycée Claude Chappe. Anne Caroline Blessig remplace Hélène Burel qui pendant ses quelques années en fonction a dynamisé l'image et la notoriété de l'établissement.
Pour Madame Blessig c'est un retour aux sources, puisqu'elle est savernoise de naissance. Elle a fréquenté les écoles locales avant d'effectuer des études en Lettres modernes à l'Université des Sciences Humaines de Strasbourg. Elle était auparavant en poste au lycée Mermoz à Saint Louis.
Quand elle rejoint le lycée Claude Chappe à la rentrée 1996, il y a trois cent quatre élèves. Un projet de rapprochement des lycées professionnels de Saverne a été ressorti des tiroirs.

Voici par ailleurs l'article de presse des DNA consacré à la parution de cet ouvrage...

Saverne / Campus pro Jules-Verne

Voyage au centre du lycée en 65 ans

Retour sur l’histoire de l’établissement Jules-Verne, entre récits romancés et faits historiques avérés. Depuis l’année dernière, les premières bac pro commerce se sont lancées dans la rédaction d’un ouvrage « Du centre au campus pro : parcours de haut niveau », qui paraîtra en juin prochain.

Tout démarre avec la création du centre d’apprentissage masculin de Saverne en 1947. « 4 novembre 1947, Jean arrive à Saverne, emprunte la rue Saint-Nicolas, donne quelques coups de pédales pour monter la côte d’Otterswiller. Un peu avant le somment, il tourne à droite et s’arrête devant une grille pourtant grande ouverte. […] Il est devant le tout nouveau centre d’apprentissage masculin de Saverne. « Les gens appelaient communément cet établissement le centre », souligne Myrielle Wolff, professeur de vente.

« Ce livre est agrémenté de petites anecdotes »

À la tête de ce projet d’écriture, elle indique que l’élaboration du livre « Du centre au campus pro : parcours de haut niveau » a débuté l’an passé. « Nous avons commencé par rassembler d’anciens documents, dépoussiérer d’anciens livres et photos. Et même découvert des pigeons dans le grenier du lycée», sourit le professeur. « Nous avons fait venir d’anciens professeurs, proviseurs et élèves pour qu’ils nous racontent leurs histoires. Car ce livre n’est pas seulement un condensé de récits historiques, il est agrémenté de petites anecdotes pour rendre la lecture plus intéressante », poursuit Isabelle Gourmelon, responsable du CDI. « Les anciens élèves ont partagé leurs souvenirs. On a ainsi appris qu’un curé de l’époque avait plus tendance à parler de la guerre mondiale que dispenser ses cours de religion. Ou que lors d’un repas de Noël organisé pour les internes, les surveillants se sont absentés du dortoir pour aller boire un verre à l’extérieur laissant les élèves, qui en ont profité pour “cloper “, écouter de la musique et faire des batailles de polochons. À leur retour, les surveillants ont rassemblé tout le monde dans la cour, certains internes étaientj pieds nus, pour leur faire faire une demi-heure de gym dans la nuit. Même si certains ont attrapé un gros rhume, c’est resté un de leurs meilleurs souvenirs », ajoute Myrielle Wolff.

Lors de leurs recherches, les élèves ont mis la main sur d’anciennes photos, un conseil d’administration de 1970, ou encore un cahier de conseil de discipline répertoriant les sanctions prises contre des élèves durant les années 60 à 80. « On a découvert qu’un élève qui avait tordu des cuillères à la cantine s’est vu exclure de l’établissement pendant huit jours. »

Munies de toutes ces informations, les premières bac pro commerce se sont lancées cette année dans la rédaction de leur livre d’environ 300 pages, réparties en 22 chapitres, couvrant la création du lycéeJules-Verne jusqu’en 2012 avec la naissance du campus pro Jules-Verne, qui héberge différentes sections jusqu’aux BTS, le Greta… L’ouvrage parle aussi de l’ouverture du CFA puis celle du lycéeprofessionnel tertiaire Claude-Chappeainsi que la fusion de ces trois établissements en 2010 et l’arrivée des filles de Claude-Chappe. « Le livre fait également état de l’évolution de Saverneau niveau des commerces et des entreprises puisque les élèves en apprentissage vont y faire leur stage. Ainsi dans chaque chapitre, il y a une histoire qui se passe dans un lieu de Saverne. On y parle aussi des faits marquant de la ville comme la construction de la piscine, la création du cinéma… » souligne Myrielle Wolff. Relevant : « Ce projet s’est rattaché au concours “Lire la ville lancé par le Crédit Mutuel et l’académie de Strasbourg ». Pour vérifier la concordance des récits et des faits réels, les élèves se sont adjoint les services de Francis Kuchly, président de la Shase.

« Par binôme, les jeunes auteurs ont en charge un chapitre couvrant une période trois années. À eux d’inventer un personnage et de choisir une formation existante ou ayant existé et d’imaginer une histoire (lire ci-dessous). Fil conducteur de cet ouvrage, la girouette, située aujourd’hui encore au sommet du bâtiment principal, et qui relance l’histoire à chaque fois. »

« Du centre au campus pro : parcours de haut niveau » sera édité, en juin, à 1 000 exemplaires. D’abord vendu au lycée, il sera ensuite disponible dans les librairies de Saverne. Le travail des élèves se poursuivra l’an prochain par la commercialisation de l’ouvrage.

Véronique KUHN